L’idée, au départ, fut de renouer le contact avec une génération qui, pour la première fois de l’histoire, vit moins bien que celle de ses parents », explique-t-elle. Un lieu d’expérimentation original : alors que la majorité des conseils régionaux de jeunes sont exclusivement destinés aux lycéens et aux apprentis, le CRJ, lui, se veut représentatif de la population des 75 000 « 15-30 ans » des 5 départements des Pays de la Loire. Il n’existe pas une jeunesse, donc, mais plutôt des jeunesses : chômeurs, lycéens, jeunes salariés et « individus hors réseaux » confondus.
Au-delà d’avoir son mot à dire sur l’ensemble des politiques de la région (et pas seulement celles destinées à la jeunesse), le CRJ se révèle un lieu d’exercice de la démocratie. Donner (ou redonner) goût au travail collectif, cet espace d’éducation populaire où l’on apprend (ou réapprend) la citoyenneté par jeux de votes, de choix et de concessions jouit de premiers résultats concluants. En effet, le bilan faisant suite « au premier mandat » (2006-2008, période d’expérimentation) est plutôt satisfaisant. Alors que les conseils régionaux voient, en moyenne, leur fréquentation chuter à 20 ou 30% en fin de session, le CRJ des Pays de la Loire peut se targuer, lui, d’avoir compté la moitié de son effectif initial lors de ses derniers rendez-vous. Et autre constat témoin du bien-fondé de l’initiative : beaucoup d’individus sans étiquette et « hors réseaux » se sont, depuis, engagés dans la vie associative et politique. Le manifeste du CRJ, avec ses états des lieux thématiques et ses propositions concrètes rédigés par les conseillers à l’issue de la session 2006-2008, est même pris pour exemple ailleurs en France, dans d’autres conseils de jeunes.
La création du CRJ ne résulte d’aucune obligation légale, et fait suite à une volonté politique de la Région de se doter d’un outil supplémentaire, complémentaire. Contrairement à d’autres institutions, composantes légales de la Région, comme par exemple le CESR (Conseil Economique et Social Régional), dont le président, Alain Mustière, siège d’ailleurs au bureau du CRJ.
« C’est un bon moyen de passer le relais, par jeu de dialogues sur des actions de fond » précise Bernard de Castelbajac, le directeur du CESR. Concrètement, le fonctionnement du CRJ est assez simple. Encadré par une coordinatrice et des animateurs, le Conseil, dont les membres sont renouvelés tous les 2 ans, émet des avis, favorables ou non, sur les politiques régionales, ensuite transmis aux élus de la Région. Lesquels ont mis en place un comité de suivi dédié au traitement de ces propositions. Des sessions de formations (qu’est ce qu’un Conseil Régional, qu’une politique publique ?) permettent aux membres d’acquérir davantage de légitimité, sur le terrain et au sein du paysage politique. La mise en place récente du tri sélectif dans les lycées résulte d’ailleurs d’une des nombreuses initiatives du Conseil.
Si les années précédentes avaient fait l’objet d’une réflexion globale sur la culture en Pays de la Loire, le CRJ se penche actuellement sur la question du développement durable.
« Comment souhaitez-vous vous prononcer sur l’Agenda 21* en Région ? » : c’est en ces termes que la saisine du président du Conseil Régional, Jacques Auxiette, invite en effet le CRJ à remettre ses avis et réflexions pour la mi-décembre. Une vidéoréunion organisée début septembre, réunissant à distance les membres de Laval, La Roche-sur-Yon, Saint-Nazaire, Le Mans, Angers et Nantes a permis d’entamer la réflexion. Encore un exemple concret de la complémentarité qu’apporte le CRJ à la mise en place des politiques régionales. Et l’organisation, encore en période d’expérimentation, devrait à l’avenir avoir davantage d’impact sur les décisions du Conseil Régional.
Claire Robin
http://crjtempslibre.canalblog.com et
www.crj.paysdelaloire.fr
* L’Agenda 21 local établit un cadre de travail pour une politique favorisant le développement durable, sous des aspects économiques, sociaux, culturels et environnementaux.